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24 Juil

Celle qui tourne la page #5

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Le Cœur Cousu de Carole Martinez

Cela fait bien trop longtemps que je ne vous avais pas fait partager mes lectures! Je suis donc ravie de vous retrouver sur ce thème et de vous présenter – et j’espère vous inciter à lire – Le Coeur Cousu. Il s’agit d’un livre que l’on m’a offert et j’avoue que l’auteure de ce petit cadeau a fait un excellent choix!

Ce livre retrace la vie d’une femme, Frasquita Carasco, dans l’Espagne rurale du 19e siècle. En réalité l’histoire se prolonge après sa mort avec un accent mis sur le destin de sa progéniture dans la dernière partie du récit. En effet, les enfants de Frasquita jouent un rôle important dans ce livre, chacun ayant une personnalité voire un don bien propre. Le thème de la filiation est abordé en filigrane tout le long de l’histoire ; les accouchements et le rôle des sages-femmes à cette époque y sont magnifiquement évoqués.  

Frasquita est méprisée dans son village en raison de son don inné pour la couture et des prières “magiques” qui se transmettent aux femmes de la famille. Le livre a en effet une petite part de merveilleux, ce qui n’est pas rare dans les contes et c’est bien d’un conte dont il s’agit!

Carole Martinez nous fait voyager dans la chaleur de l’Espagne bien sûr, mais même au-delà des frontières de ce pays. C’est également un voyage dans le temps que nous offre l’auteure: le temps des superstitions et des guerres civiles. Une époque où la religion régit la société et les bonnes mœurs surtout en ce qui concerne les femmes – même si les curés sont bienveillants. Nous vivons aux côtés de Frasquita les premiers émois d’une jeune fille et la déception d’un mariage qui ne tient pas ses promesses. En effet, son mari se prend tantôt pour une poule, tantôt pour un joueur en veine qui n’a finalement plus que sa femme à parier…

De prime abord, Frasquita n’a rien d’une héroïne : elle ne semble trouver d’échappatoire que dans sa relation avec ses enfants et son don pour la couture. Pourtant, on a forcément beaucoup d’admiration pour ce personnage que l’on ne perçoit jamais comme une victime, bien au contraire. Malgré toutes ses (més)aventures, elle renvoie l’image d’une femme forte. Si elle semble parfois subir son destin, elle le prend finalement à bras le corps.

C’est l’histoire d’une femme, d’une famille, d’un village, d’un pays…

C’est une histoire d’amour, de guerre, de vie, de mort, de magie…

 

J’ai beaucoup aimé le style de l’auteure : facile à lire sans être simpliste. Dès le début du roman j’ai adoré les figures de styles très adroites qui, finalement, ponctuent tout le récit. Je n’avais jamais vu une écriture comparable auparavant et j’ai vraiment “accroché”! Je n’ai pas été la seule à aimer ce livre puisqu’il a reçu plusieurs prix alors qu’il s’agissait du premier roman de l’auteure, Carole Martinez!

 

J’espère avoir éveillé votre curiosité ; il est difficile de parler d’un livre tout essayant de ne pas trop en dire. Je ne voudrais pas gâcher, je l’espère, votre prochaine lecture 😉

 

emeline
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