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29 Août

Celle qui prend le train

train

A part un voyage scolaire aux Etats-Unis je n’ai pas beaucoup voyagé, en tout cas très peu hors de France. Cependant, j’ai pris le train un nombre incalculable de fois ! Mon père travaille à la SNCF alors j’ai pu profiter de nombreux trajets gratuits grâce à une précieuse carte réservée aux « cheminots » et à leur famille.

Mes parents vivant à la campagne, lorsque j’étais étudiante, je prenais le train pour me rendre à l’université ; je faisais le trajet quasiment toutes les semaines. Puis je me suis installée quatre ans dans le sud-ouest et j’ai continué à prendre le train pour retourner voir ma famille, moins souvent du fait des trajets plus longs mais c’en était fini des TER, à moi le confort des TGV !

Je suis sur le point de m’installer en Loire-Atlantique et je sais que le train va continuer à faire partie de ma vie : pour retrouver mon Honey qui reste à Bordeaux, pour aller voir mes parents, rendre visite à mon frère et pourquoi pas visiter les environ de Nantes, j’adorerais découvrir La Rochelle par exemple. En gros c’est reparti pour un bon tour de TER.

J’aime beaucoup prendre le train, c’est presque un rituel pour moi : j’arrive TOUJOURS en avance à la gare et je commence par vérifier sur le tableau d’affichage si mon train est retardé ou pire annulé (oui je suis une éternelle optimiste). Bien évidemment, à l’heure à laquelle j’arrive il n’y a encore aucune information disponible concernant mon train car il y en a une flopée qui le précède… Je passe le temps en observant les autres voyageurs et en imaginant la raison de leur voyage, je traîne dans la boutique Relay puis je composte mon billet.

Enfin, je me tiens devant le panneau d’affichage en attendant que la voie soit annoncée telle une athlète dans ses startingblocks. Dès que le précieux numéro s’affiche je pars à toute allure – c’est à dire aussi vite que ma valise me le permet- pour arriver la première sur le quai et monter dans le train avant que d’autres ne viennent encombrer mon passage.

A force de prendre le train, je suis devenue une professionnelle et j’ai de l’empathie pour les novices ; il m’arrive d’aider les gens qui sont perdus, ceux qui ne savent pas utiliser l’ascenseur ou s’acharnent à mettre leurs billets à l’envers au moment de le composter. Je tombe souvent sur des dames âgées qui prennent le train seule pour la première fois ou ne l’ont pas pris depuis des décennies. Je me dis que si ma grand-mère était en difficulté j’aimerais que quelqu’un l’aide. Parfois je les remarque et je vole à leur secours mais bien souvent ce sont les voyageurs qui s’adressent directement à moi (mon père m’aurait-il transmis le gène SNCF à votre service ?).

Moi qui ne suis pas très patiente habituellement, je reste toujours courtoise face à la personne qui est assise à la mauvaise place dans le train, en l’occurrence ma place : je lui traduis dans un langage compréhensible les données qui figurent sur son billet pour lui prouver par A+B que cette place – côté fenêtre- est la mienne.

En plus de ma valise, j’ai une sorte de bagage à main : un grand sac Lancaster exclusivement destiné à ces trajets, rituel quand tu nous tiens. Je l’appelle mon « sac d’activités » car autant j’aime prendre le train, autant je déteste m’ennuyer ! Cela me rappelle les voyages en train avec mes parents quand j’étais enfant : eux dormaient la plupart du temps et mon frère et moi avions un sac d’activité à base de Mickey Parade et de walkman pour s’occuper sans les embêter. S’occuper est la clé du voyage en train réussi.

Je prévois en général de la lecture : un roman et un magazine que j’achète immanquablement le jour-même en boutique Relay (petit conseil : attention lorsqu’on vous rend la monnaie…). J’emporte également mon lecteur MP3 ainsi que mon très cher téléphone-portable-extension-de-moi-même avec son chargeur, certains TGV étant équipés de prises électriques. J’ai même parfois embarqué des révisions : passer Noël en famille, oui ; oublier qu’il y a les partiels en janvier, non ! En réalité j’ai très peu révisé dans le train mais cela me rassurait d’avoir mes fiches à portée de main. Il y a pourtant une exception : j’ai révisé non-stop trois heures durant le Bordeaux-Paris la veille d’un concours administratif pour tout laisser au fond de ma valise une fois arrivée à l’hôtel.

L’acquisition d’un petit ordinateur portable me permet depuis quelques temps de trouver moins long certains trajets interminables – retards non inclus- en visionnant des films. Se mettre des écouteurs dans les oreilles permet également de camoufler le bruit des enfants impatients notamment si le train fait escale à Marne La Vallée, avantage non négligeable.

Impossible de monter à bord d’un train sans vivres si le trajet dure plus de deux heures ! Les biscuits américains Oreo que je n’achète que pour ces voyages font partie intégrante de mon rituel sans oublier l’indispensable petite bouteille d’eau. La photo ci-dessus fait office d’exception : nourriture saine et boissons sucrées ne font habituellement pas partie du voyage !

Une fois arrivée à bord, ma valise calée et ma place récupérée je déballe le continu de mon sac et le place sur ma tablette ; je garde évidemment à portée de main mon billet et ma carte de réduction. Je fais une brève analyse visuelle du wagon puis je me plonge dans mon petit univers, je sens le train qui commence à bouger ! Malgré tout ce que j’ai emporté je délaisse parfois mes activités en pensant à ce que j’ai laissé derrière moi ou à ce qui m’attend à l’arrivée ; le train, c’est parfait pour rêvasser.

Depuis peu, une petite révolution trouble mon rituel ferroviaire : l’invention des e-billets que l’on imprime chez soi et qu’il ne faut pas composter. A la sortie de la boutique Relay je peux dorénavant me mettre directement dans mes startingblocks, quel gain de temps ! Cependant je ne m’interdis pas de traîner autour de la composteuse, au cas où une vieille dame mettrait son billet à l’envers…

emeline
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