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18 Nov

Celle qui a utilisé le hashtag « Pray For Paris »

Pray For Paris

Alors que notre pays connaissait de tragiques événements vendredi soir, les réseaux sociaux ont révélé ce qu’ils étaient capables de faire de plus beau : traduire la solidarité des gens aux quatre coins du pays, aux quatre coins du monde. Comme pour “Je Suis Charlie”, les gens connectés aux réseaux sociaux dans le monde entier ont ressenti le besoin de s’unir sous un hashtag commun. Personnellement, c’est le hashtag “Pray For Paris” qui m’a paru refléter cette union.

Je reconnais bien volontiers que d’autres hashtags étaient également très utilisés, comme “Peace For Paris” par exemple. J’ai voulu participer à cette union et c’est donc “Pray For Paris” qui a accompagné mes posts sur les réseaux sociaux.

Je me suis sentie obligée de préciser qu’il ne fallait pas y voir de connotation religieuse. En effet, dans mon esprit dans ce hashtag, “Pray” signifie – outre les prières de ceux qui invoquent un dieu – que les pensées de ceux qui l’utilisent vont vers Paris. Moi, je ne prie pas de dieu mais cela ne me dérange pas que d’autres le fasse. Il nous est tous arrivé de penser très fort à une personne, à une situation et d’espérer que les choses s’améliorent. Ce dialogue que nous avons tous eu au moins une fois avec nous-mêmes c’est pour moi une forme de prière.

Je comprends tout à fait que certaines personnes n’aient pas voulu utiliser ce hashtag justement parce que la prière est intime et devrait le rester ou par refus de véhiculer une connotation religieuse. Je peux tout à fait le comprendre, ayant moi-même hésité! Mais j’aurais aimé que l’on respecte davantage ceux qui l’utilisent au premier ou au second degré (comme moi). J’ai vu des commentaires très vifs ce que j’ai trouvé dommage dans des moments comme ceux que nous vivons.

Il est vrai que nous sommes dans un État laïc où la religion doit rester dans la sphère privée. Je pense qu’il faut voir dans ce hashtag litigieux toute l’influence américaine que connaît notre société : aux États-Unis les gens font beaucoup plus volontiers qu’en France référence à la religion. Nous avons tous entendu le Président américain dire “God bless you, God bless America” non? Évidemment, nous n’entendrons jamais le Président français s’adresser au peuple de cette façon. Au final on s’insurge d’une référence religieuse mais pas que le hashtag soit en anglais…

J’ai vu apparaître des phrases très fortes, par exemple :

Do not pray. Think.

Je suis la première à regretter que certains croyants suivent une ligne de conduite parfois rétrograde et archaïque au nom d’une religion. Mais nous connaissons tous des gens intelligents, cultivés, ouverts d’esprit et croyants (de diverses religions).

Il ne faut pas rajouter pas de religiosité vu les désastres causés par la religion

Effectivement, en différents temps et en différents lieux la religion a causé et cause encore bien des dégâts mais je ne peux m’empêcher de penser que la plupart des croyants du monde sont pacifiques. Nous savons tous que la religion n’est qu’un prétexte pour commettre les pires horreurs.

Prier, c’est ne rien faire

Un moment de prière n’empêche pas une forte conscience altruiste ni l’accomplissement d’actes citoyens. Je pense que nous ne devons pas juger ceux qui trouvent du réconfort dans la prière.

Voilà… je n’aurais jamais cru écrire de telles choses ici, moi qui suis la première à dénoncer l’obscurantisme religieux…

Encore une fois je vois personnellement dans ce hashtag une vision très large de la prière, comme un ensemble de pensées positives et je ne suis pas la seule. Si ce hashtag ne nous correspond pas, ne l’utilisons pas. Point.

emeline
8 Commentaires
  • Bonnie Parker

    j’avais laissé un commentaire hier soir, mais comme il me semblait, il n’a pas été pris en compte – ton blog ne m’aime pas quand je passe par mon smartphone ! ^^
    Donc je disais :
    je n’ai pas utilisé « pray for Paris », car je trouve que c’est trop connoté religion, mais ça ne m’a pas choqué outre mesure de le voir utiliser.
    Par contre, j’ai été gênée de voir qu’il pouvait créer de la polémique, car ça n’est qu’un terme qui a été utilisé pour un soutien, et peu importe les mots, ce qui est important c’est cet élan d’unité nationale, et internationale. Et du réconfort, on en a tous besoin, en ces moments de violence et de douleurs.

    19 novembre 2015 à 10 h 36 min Répondre
  • Sophie

    Bonjour, je viens de lire ton article et je suis assez d’accord avec toi, personnellement je suis athée et j’ai utilisée ce hashtag. Je ne l’ai pas vu comme un acte religieux même si je connais la signification de PRAY, je l’ai utilisée comme une pensée pour soutenir les victimes, je pense que le mot a été utilisé de plusieurs façon en fonction des personnes et de leurs religions, on peut dire qu’il y a eu une unicité avec ce mot. Et qu’il est une connotation religieuse ou pas personnellement le principal est d’être solidaire et unis pour les victimes.

    Bonne journée

    Sophie

    19 novembre 2015 à 10 h 21 min Répondre
  • Sabine

    Je suis d’accord avec toi il faut être solidaire et nous le sommes tous. Il s’agit juste ici d’un souci de vocabulaire, se recueillir, une pensée et une prière ne sont pas des synonymes, ce sont des notions différentes en français comme en anglais, thought for paris ne veut pas dire pray for paris même si beaucoup n’ont pas fait la différence. Et je pense juste qu’il ne faut pas faire d’amalgame quel qu’il soit. Belle journée à toi aussi.

    19 novembre 2015 à 9 h 15 min Répondre
  • Sabine

    Je fais partie des gens qui n’ont pas utilisé ce hashtag, car prier et se recueillir ce n’est pas tout à fait la même chose. La définition du verbe prier est claire :  » S’adresser à Dieu, à un être surnaturel pour l’adorer, l’honorer, le supplier, lui demander quelque chose ». Certains n’ont pas vu le côté religieux, mais il est indeniable. La France est un pays particulier, un pays laïque qui compterais 25 % d’athées. Je ne juge pas ceux croient, ou qui trouvent du réconfort dans la prière, mais personnellement j’ai utilisé un hashtag sans connotation religieuse.

    19 novembre 2015 à 6 h 20 min Répondre

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